Comment se préparer avant un décès? Les démarches à prévoir pour alléger vos proches
On prépare sa retraite, l’achat d’une maison, un voyage ou l’arrivée d’un enfant. Pourtant, il existe une étape de la vie que la plupart d’entre nous préfèrent repousser le plus longtemps possible : notre propre départ. Sans chercher à tout contrôler, certaines démarches simples permettent pourtant d’éviter à nos proches une foule de recherches, de décisions et d’incertitudes au moment où ils auront surtout besoin d’être ensemble.
L’essentiel en quelques mots : préparer son décès ne signifie pas organiser chaque détail de ses funérailles. Il s’agit surtout de faire connaître ses volontés, de regrouper les documents importants et de laisser à sa famille les renseignements dont elle aura besoin.
Penser à demain, c’est aussi prendre soin de ceux que l’on aime
Préparer son décès n’est probablement pas un sujet que l’on aborde spontanément autour de la table un dimanche après-midi. Pour plusieurs, cette idée évoque un malaise, donne l’impression d’attirer le mauvais sort ou semble simplement trop lointaine pour mériter une attention immédiate. On se dit que l’on aura le temps plus tard, lorsqu’on sera plus âgé, lorsque les enfants auront quitté la maison ou lorsque la vie sera un peu moins occupée.
Pourtant, les professionnels qui accompagnent quotidiennement des familles endeuillées observent une réalité bien différente. Lorsqu’une personne a pris le temps d’organiser certains aspects de son départ, ses proches disposent de repères concrets. Ils savent où trouver les documents importants, connaissent les volontés funéraires et peuvent déterminer plus facilement quelles personnes ou quels professionnels doivent être contactés. Ils peuvent alors consacrer davantage d’énergie à se soutenir plutôt qu’à chercher des réponses dans les tiroirs, les courriels et les souvenirs de conversations anciennes.
À l’inverse, lorsque rien n’a été préparé, les questions s’accumulent rapidement. Existe-t-il un testament? Souhaitait-elle être inhumée ou incinérée? Avait-il une assurance vie? Où se trouvent les papiers de la maison? Qui doit s’occuper de l’animal de compagnie? Y a-t-il des préarrangements funéraires? Chaque interrogation peut sembler banale prise isolément, mais leur accumulation représente une charge considérable dans un contexte où les émotions occupent déjà toute la place.
Contrairement à une croyance répandue, cette préparation ne s’adresse pas uniquement aux personnes âgées ou gravement malades. Dès qu’une personne possède des biens, partage sa vie avec un conjoint, a des enfants, soutient financièrement un proche ou souhaite simplement que certains choix soient respectés, il devient pertinent de réfléchir à ce qu’elle laissera derrière elle. L’objectif n’est pas de prévoir l’imprévisible, mais d’éviter que les proches aient à deviner.
Quelques heures consacrées à mettre de l’ordre dans ses informations peuvent parfois épargner des jours, voire des semaines de recherches à sa famille. Il ne s’agit donc pas d’un exercice morbide. Il s’agit d’un geste de prévoyance, au même titre que souscrire une assurance, rédiger un testament ou désigner une personne de confiance.
Les volontés : un sujet que l’on remet souvent à plus tard
La plupart des gens croient que leur conjoint, leurs enfants ou leurs proches savent déjà ce qu’ils souhaitent. Pourtant, lorsqu’un décès survient, il est fréquent de constater que chacun avait une perception différente des volontés de la personne disparue. Certains sont convaincus qu’elle aurait préféré une cérémonie religieuse, tandis que d’autres imaginent une célébration plus intime. L’un se souvient d’une conversation tenue il y a quinze ans; l’autre accorde davantage d’importance à une remarque faite récemment.
Les discussions qui en découlent ne sont presque jamais le résultat d’un manque d’amour ou de respect. Elles sont généralement causées par un manque d’information claire. Chaque personne tente de faire ce qu’elle croit être juste, mais elle doit s’appuyer sur sa propre interprétation des souvenirs et de la personnalité du défunt.
Prendre le temps de mettre ses volontés par écrit permet d’éviter une grande partie de cette incertitude. Il n’est pas nécessaire de rédiger un document complexe ou rempli de termes juridiques. Quelques indications précises suffisent souvent à orienter la famille et à lui donner l’assurance qu’elle respecte réellement les souhaits de la personne décédée.
Quelles volontés devrait-on préciser?
Les volontés funéraires peuvent être très détaillées ou demeurer relativement simples. Certaines personnes souhaitent planifier une cérémonie complète, tandis que d’autres préfèrent seulement indiquer les grands choix qui comptent pour elles. Il n’existe pas une seule bonne façon de procéder.
Les éléments les plus utiles à préciser comprennent notamment :
- le choix entre l’inhumation et la crémation;
- le lieu où les cendres devraient être conservées, déposées ou dispersées, dans le respect des règles applicables;
- le type de cérémonie souhaité : religieuse, civile, intime ou davantage axée sur une célébration de la vie;
- la volonté d’être exposé ou non;
- les préférences concernant la musique, les lectures, les fleurs, les photographies ou l’ambiance de la cérémonie;
- les personnes que l’on aimerait voir participer à la cérémonie;
- les organismes à privilégier pour des dons commémoratifs;
- le choix d’un cimetière, d’un columbarium ou d’un lot familial, s’il est déjà déterminé.
Ces détails peuvent sembler secondaires lorsque tout va bien. Pourtant, ils deviennent précieux lorsque la famille doit prendre rapidement une série de décisions. Une indication aussi simple que « je souhaite une cérémonie chaleureuse, sans trop de formalités » peut déjà aider les proches à faire des choix cohérents avec la personnalité de la personne disparue.
Bon à savoir
Le Gouvernement du Québec indique qu’il est possible d’inscrire ses dernières volontés dans son testament. Toutefois, comme celui-ci peut être consulté après les funérailles, il est recommandé de communiquer également ces volontés à ses proches ou de les conserver dans un document auquel ils pourront accéder rapidement.
Le testament n’est pas toujours le meilleur endroit pour tout inscrire
Le testament demeure un document fondamental, mais il sert principalement à déterminer ce qu’il adviendra des biens, à nommer un liquidateur et à organiser la succession. Il peut contenir des volontés funéraires, mais il ne devrait pas être le seul endroit où elles sont conservées. Dans certaines familles, le testament n’est retrouvé ou consulté qu’une fois les funérailles déjà organisées.
Une solution simple consiste à préparer un document distinct intitulé, par exemple, « Mes volontés et informations importantes ». Ce document peut être rangé avec les autres papiers essentiels, puis son emplacement communiqué à une ou deux personnes de confiance. Il est également pertinent de discuter directement de ses principaux souhaits avec sa famille, même si la conversation semble un peu inconfortable au départ.
Comment amorcer cette conversation sans rendre le moment lourd?
Parler de ses volontés ne nécessite pas de convoquer toute la famille à une réunion solennelle. La conversation peut commencer naturellement, à la suite du décès d’une personnalité connue, d’une cérémonie à laquelle on a assisté ou de la mise à jour d’un testament. L’objectif n’est pas de susciter l’inquiétude, mais de transmettre une information utile.
On peut simplement expliquer que l’on souhaite éviter à la famille d’avoir à prendre certaines décisions dans l’urgence. Une phrase comme « je ne vous parle pas de cela parce que je pense mourir bientôt, mais parce que je veux que vous sachiez ce que je souhaite lorsque ce moment viendra » permet souvent de désamorcer le malaise.
Il est également préférable de laisser une certaine marge de manœuvre. Une volonté trop rigide peut devenir difficile à respecter si les circonstances, les coûts, la disponibilité des lieux ou la situation familiale changent. Les proches apprécieront généralement de connaître les priorités essentielles tout en conservant la liberté d’adapter certains détails.
Rassembler ses documents : un geste simple qui peut éviter bien des recherches
Après un décès, les premières journées sont souvent occupées par de nombreuses démarches. Il faut communiquer avec l’entreprise funéraire, joindre certains membres de la famille, obtenir les documents officiels, rechercher le testament et informer différents professionnels ou organismes. Lorsque les papiers importants sont dispersés dans plusieurs tiroirs, classeurs, boîtes ou dossiers informatiques, cette recherche peut rapidement devenir une source de stress supplémentaire.
L’idéal consiste à créer un dossier unique, physique ou numérique, dans lequel seront regroupés les documents les plus importants ou, à tout le moins, les indications permettant de les retrouver. Ce dossier n’a pas besoin de contenir chaque facture ou chaque relevé accumulé au fil des années. Il doit plutôt donner une vue d’ensemble de la situation et permettre aux proches de savoir où poursuivre leurs démarches.
Les documents juridiques
Le testament est évidemment l’un des premiers documents auxquels on pense, mais il n’est pas le seul. Il peut être utile de réunir ou d’indiquer l’emplacement du mandat de protection, du contrat de mariage ou d’union civile, des jugements de divorce, des ententes de séparation et de toute autre convention pouvant avoir un effet sur la succession.
Au Québec, trois formes de testaments sont reconnues : le testament notarié, le testament olographe, qui doit être écrit entièrement à la main, et le testament devant témoins. Le testament notarié n’a généralement pas à être vérifié après le décès. Les testaments olographes et devant témoins doivent, pour leur part, faire l’objet d’une procédure de vérification devant un notaire ou le tribunal avant de pouvoir être utilisés pour régler la succession.
Une précision importante : la Chambre des notaires du Québec ne conserve pas elle-même une copie de tous les testaments. Le registre permet de savoir si un notaire a reçu ou enregistré un testament et auprès de quel notaire il peut être retrouvé. Il demeure donc utile d’indiquer à vos proches le nom du professionnel qui détient votre document.
Les informations financières
Les proches n’ont pas nécessairement besoin de connaître tous les soldes de vos comptes de votre vivant. Ils devraient toutefois être en mesure d’identifier les institutions avec lesquelles vous faites affaire. Une simple liste des banques, caisses populaires, courtiers, régimes de retraite et assureurs peut leur éviter d’importantes recherches.
Le dossier peut notamment indiquer l’existence de :
- comptes bancaires personnels ou conjoints;
- cartes de crédit et marges de crédit;
- REER, CELI et autres placements;
- régimes de retraite privés ou collectifs;
- polices d’assurance vie;
- prêts personnels ou automobiles;
- hypothèques;
- coffres de sûreté;
- participations dans une entreprise;
- sommes dues à la personne ou dettes envers un proche.
Il est également utile d’indiquer les coordonnées du comptable, du conseiller financier ou du courtier d’assurance. Ces professionnels pourront souvent aider le liquidateur à comprendre la situation, à retracer certains produits financiers et à déterminer les démarches à entreprendre.
Les documents liés aux propriétés et aux biens importants
Une propriété, un terrain, un véhicule, une entreprise ou une collection de valeur peuvent nécessiter des démarches particulières. Les actes de propriété, contrats hypothécaires, certificats de localisation, contrats d’assurance, titres de véhicules et évaluations importantes devraient être faciles à repérer.
Il ne faut pas non plus négliger les biens qui possèdent surtout une valeur sentimentale. Une montre, un album de photographies, un meuble transmis depuis plusieurs générations ou une œuvre créée par un membre de la famille peuvent parfois provoquer davantage de discussions que des biens beaucoup plus coûteux. Lorsque certains objets doivent revenir à une personne précise, il est préférable d’en discuter avec un notaire afin de vérifier la meilleure manière d’exprimer cette intention.
Le mandat de protection : prévoir aussi l’inaptitude
Se préparer ne concerne pas uniquement ce qui se produira après le décès. Une maladie, un accident ou un déclin cognitif peuvent rendre une personne incapable de prendre soin d’elle-même ou d’administrer ses biens. Le mandat de protection permet de désigner à l’avance une ou plusieurs personnes qui pourront agir en cas d’inaptitude.
Le mandat peut notamment préciser qui s’occupera des décisions personnelles, du logement, des soins et de la gestion du patrimoine. Il ne prend toutefois pas effet automatiquement dès qu’une personne semble éprouver des difficultés. Pour produire ses effets juridiques, le mandat doit généralement être homologué par le tribunal après que l’inaptitude a été constatée selon le processus applicable.
Attention : une procuration et un mandat de protection ne remplissent pas exactement la même fonction. Une procuration permet à une autre personne d’accomplir certains actes pendant que vous êtes apte, tandis que le mandat de protection vise une éventuelle situation d’inaptitude. Un notaire peut vous aider à déterminer les documents adaptés à votre situation.
Les informations numériques : une partie désormais incontournable de la préparation
Une portion croissante de notre vie n’existe plus sur papier. Les relevés bancaires arrivent par courriel, les photos sont stockées dans le nuage, les abonnements sont renouvelés automatiquement et plusieurs factures sont accessibles uniquement dans un espace client protégé par un mot de passe. Après un décès, cette réalité numérique peut compliquer considérablement les démarches.
La solution n’est pas nécessairement d’imprimer tous ses documents ni d’écrire ses mots de passe sur une feuille laissée dans un tiroir. Cette méthode pourrait exposer des informations sensibles. Il est préférable d’utiliser un gestionnaire de mots de passe reconnu et de prévoir un mécanisme permettant à une personne de confiance d’y accéder au moment approprié.
Créer un inventaire numérique
Un inventaire numérique peut simplement dresser la liste des principaux comptes sans nécessairement révéler immédiatement leurs accès. Il peut indiquer l’adresse courriel principale, les appareils utilisés, l’existence d’un gestionnaire de mots de passe ainsi que les services qui devront éventuellement être fermés, transférés ou conservés.
Cette liste peut comprendre :
- les comptes de courriel;
- les services bancaires et les portails d’investissement;
- les réseaux sociaux;
- les services de stockage de photographies et de documents;
- les abonnements à des plateformes numériques;
- les noms de domaine et sites Web;
- les comptes liés à une entreprise ou à un travail autonome;
- les appareils contenant des fichiers importants;
- les cryptomonnaies ou actifs numériques, s’il y a lieu.
Il est également pertinent d’exprimer ce que l’on souhaite pour ses réseaux sociaux et ses archives personnelles. Certaines personnes veulent que leurs comptes soient supprimés, alors que d’autres préfèrent qu’ils soient transformés en espaces commémoratifs lorsque la plateforme le permet. Les photographies et vidéos familiales devraient idéalement être sauvegardées dans un endroit accessible, plutôt que de demeurer uniquement dans un téléphone verrouillé.
Le bon réflexe
Ne placez pas tous vos mots de passe en clair dans le même dossier que vos documents financiers. Indiquez plutôt à une personne de confiance quel outil sécurisé vous utilisez et comment la procédure d’accès d’urgence pourra être déclenchée.
Les personnes à informer : éviter que la famille doive reconstruire votre réseau
Lorsqu’un décès survient, certains appels doivent être faits rapidement. La famille immédiate et les amis proches sont généralement les premières personnes contactées, mais plusieurs autres intervenants peuvent devoir être avisés : employeur, propriétaire d’un logement, notaire, comptable, conseiller financier, assureur, associé d’affaires, responsable d’une association ou personne qui dépendait du défunt.
Préparer une liste de contacts ne signifie pas reproduire l’ensemble de son répertoire téléphonique. Une courte sélection des personnes les plus importantes est généralement suffisante. Il peut être utile d’ajouter une note précisant leur lien avec vous, surtout lorsque leurs noms ne sont pas familiers à tous les membres de la famille.
Qui devrait apparaître sur cette liste?
- les membres de la famille et amis qui devraient être informés directement;
- le liquidateur désigné dans le testament;
- le notaire et les autres conseillers professionnels;
- l’employeur ou les associés d’affaires;
- le responsable du régime de retraite ou des avantages sociaux;
- le propriétaire du logement, le cas échéant;
- les personnes qui détiennent des clés ou des documents;
- les responsables d’un organisme, d’une association ou d’un bénévolat important;
- les personnes qui pourraient temporairement prendre soin d’un enfant, d’une personne vulnérable ou d’un animal.
Cette liste devient particulièrement importante pour les personnes qui vivent seules, dont la famille habite loin ou qui possèdent un réseau professionnel complexe. Elle permet aussi d’éviter qu’un ami très proche apprenne le décès plusieurs semaines plus tard simplement parce que la famille ne connaissait pas son existence.
Les préarrangements funéraires : choisir à l’avance plutôt que laisser les autres décider
Les préarrangements funéraires permettent de déterminer et d’acheter à l’avance certains biens et services qui seront fournis au moment du décès. Ils peuvent notamment porter sur le transport, l’exposition, la cérémonie, le cercueil ou l’urne, la crémation et d’autres services liés aux funérailles. L’achat préalable d’une sépulture concerne plutôt, selon le cas, un lot de cimetière, une niche de columbarium ou un autre droit de sépulture.
Cette démarche ne convient pas nécessairement à tout le monde, mais elle peut répondre à plusieurs préoccupations. Elle permet d’abord de faire des choix dans un contexte calme, sans la pression qui accompagne les jours suivant un décès. Elle réduit également le nombre de décisions que la famille devra prendre et peut clarifier les aspects financiers selon les modalités prévues au contrat.
Ce que prévoit l’encadrement québécois : les arrangements préalables de services funéraires et l’achat préalable de sépulture doivent être conclus par écrit. L’Office de la protection du consommateur indique également qu’ils doivent faire l’objet de deux contrats distincts.
Ce qu’il faut vérifier avant de signer
Un préarrangement ne devrait jamais être conclu dans la précipitation. Il est important de lire l’ensemble du contrat, de comprendre quels biens et services sont inclus, de vérifier les frais qui pourraient demeurer à payer et de poser des questions sur les conditions de modification ou d’annulation.
Avant de signer, il est prudent de vérifier :
- la description détaillée des services choisis;
- le prix de chaque bien et de chaque service;
- les taxes et frais applicables;
- les éléments qui ne sont pas inclus;
- les conditions entourant une modification du contrat;
- les règles d’annulation et les pénalités possibles;
- ce qui se produit en cas de déménagement;
- la manière dont les proches pourront retrouver le contrat;
- la procédure applicable si l’entreprise change de propriétaire ou cesse ses activités.
L’Office de la protection du consommateur encadre ces contrats et fournit de l’information sur la protection des sommes payées d’avance, leur contenu obligatoire ainsi que les conditions de modification et d’annulation. Depuis l’instauration du registre québécois des contrats d’arrangements funéraires préalables, les entreprises concernées doivent également effectuer certaines vérifications afin de déterminer si un contrat existe déjà pour la personne bénéficiaire.
Les préarrangements ne remplacent pas la conversation
Même lorsqu’un contrat est signé, il demeure essentiel d’en informer ses proches. Un préarrangement parfaitement détaillé ne sera pas très utile si personne ne sait qu’il existe ou avec quelle entreprise il a été conclu. Conservez une copie du contrat dans votre dossier principal et inscrivez clairement les coordonnées de l’entreprise funéraire.
Il peut également être pertinent d’expliquer à votre famille pourquoi vous avez fait certains choix. Les proches comprendront alors que ces décisions ont été prises librement et qu’ils n’ont pas à les remettre en question ou à se sentir coupables de ne pas organiser une cérémonie différente.
Les informations pratiques auxquelles on pense rarement
Les documents juridiques et financiers sont essentiels, mais plusieurs difficultés vécues après un décès concernent des aspects beaucoup plus ordinaires. Où se trouve la deuxième clé de la voiture? Qui connaît le code du système d’alarme? Quel vétérinaire suit le chien? Une personne passe-t-elle chaque semaine pour entretenir la propriété? Des réservations ou des contrats sont-ils prévus dans les prochains mois?
Ces renseignements n’ont pas nécessairement leur place dans un testament. Ils peuvent cependant figurer dans une fiche pratique mise à jour une ou deux fois par année.
Cette fiche peut notamment préciser :
- l’emplacement des clés importantes;
- les coordonnées du vétérinaire et les habitudes de l’animal;
- les contrats d’entretien de la maison;
- les paiements automatiques importants;
- les abonnements qui devront être annulés;
- l’emplacement d’un coffre de sûreté;
- les prêts de biens faits à des proches;
- les médicaments ou objets devant être remis à un endroit précis;
- les engagements professionnels ou personnels à court terme;
- les coordonnées d’une personne connaissant bien l’entreprise, si vous êtes travailleur autonome.
Pour une personne propriétaire d’une entreprise, cette préparation mérite une attention particulière. Les accès aux plateformes, les contrats en cours, les coordonnées des employés et fournisseurs ainsi que les obligations fiscales ou administratives devraient pouvoir être retrouvés rapidement. Une entreprise peut être fragilisée en quelques jours lorsque toute l’information repose sur une seule personne.
Le testament : une pièce centrale de la planification
Une personne qui décède sans testament ne laisse pas ses biens « au gouvernement », contrairement à une croyance encore répandue. C’est plutôt la loi qui détermine qui héritera et dans quelles proportions. Cette répartition peut toutefois être très différente de ce que la personne aurait elle-même souhaité.
La question est particulièrement importante pour les conjoints de fait. Au Québec, un conjoint de fait n’est généralement pas automatiquement reconnu comme héritier légal en l’absence de testament, sous réserve des règles particulières pouvant s’appliquer selon le statut du couple. Des personnes peuvent avoir vécu ensemble pendant des décennies, partagé les dépenses et élevé des enfants sans que le conjoint survivant hérite automatiquement des biens de l’autre.
À ne pas tenir pour acquis : être conjoint, cotitulaire de certaines factures ou vivre depuis longtemps dans une propriété ne signifie pas automatiquement que l’on héritera de celle-ci. Une planification juridique adaptée à votre situation demeure essentielle.
Le testament permet notamment de désigner les héritiers, de nommer un liquidateur, d’identifier des remplaçants au besoin, de prévoir certaines protections pour les enfants et de donner des indications concernant la gestion des biens. Il devrait être révisé après les événements importants de la vie : naissance, séparation, mariage, nouvelle union, acquisition d’une propriété, démarrage d’une entreprise, décès d’un héritier ou changement important de situation financière.
Le liquidateur joue un rôle central. Il doit notamment rechercher le testament, identifier les héritiers, dresser l’inventaire des biens et des dettes, produire les déclarations nécessaires, payer les dettes de la succession et remettre les biens aux héritiers lorsque le processus le permet. Avant de désigner une personne, il est judicieux de lui en parler et de vérifier si elle se sent capable d’assumer cette responsabilité.
Les erreurs les plus fréquentes lorsqu’on tente de se préparer
Tout conserver au même endroit, sans mesure de sécurité
Centraliser l’information est utile, mais réunir un testament, des mots de passe, des numéros de comptes et des copies de pièces d’identité dans une chemise laissée à la vue de tous crée un risque important. Le dossier doit être accessible aux bonnes personnes, tout en étant protégé contre le vol, la perte et les accès non autorisés.
Ne dire à personne où se trouvent les documents
Un coffre-fort extrêmement sécurisé devient inutile si personne ne sait qu’il existe ou ne peut y accéder. Au moins une personne de confiance devrait connaître l’emplacement du dossier principal et la manière d’obtenir les documents lorsque cela sera nécessaire.
Croire qu’une conversation ancienne suffit
Les volontés changent avec le temps, tout comme les relations, la situation financière et les valeurs personnelles. Une remarque faite il y a vingt ans n’est pas nécessairement encore représentative. Il est préférable de confirmer ses choix et de les mettre à jour périodiquement.
Utiliser uniquement le testament pour les volontés urgentes
Le testament demeure essentiel, mais il peut ne pas être accessible immédiatement. Les informations nécessaires dans les heures ou les jours suivant le décès devraient également être conservées dans un document distinct, facilement repérable.
Oublier de mettre les informations à jour
Un dossier contenant le nom d’une banque quittée depuis dix ans, les coordonnées d’un ancien notaire et un bénéficiaire décédé peut créer plus de confusion qu’il n’en résout. Une révision annuelle rapide et une révision complète après chaque changement de vie important constituent une bonne pratique.
Une méthode simple pour commencer sans se sentir dépassé
La préparation peut sembler immense lorsqu’on essaie de tout accomplir en une seule journée. Il est plus réaliste de procéder progressivement. Commencez par une conversation avec une personne de confiance, puis rassemblez les documents les plus faciles à retrouver. Vous pourrez ensuite compléter le dossier à votre rythme.
Votre plan en cinq étapes
- Écrivez vos principales volontés funéraires sur une ou deux pages.
- Identifiez l’emplacement de votre testament et de votre mandat de protection.
- Dressez la liste de vos institutions financières, assurances et professionnels.
- Préparez une liste des personnes qui devraient être contactées.
- Informez une personne de confiance de l’existence et de l’emplacement du dossier.
Une fois cette première base créée, vous pourrez ajouter les informations numériques, les documents liés aux propriétés, les indications concernant les objets importants et, si vous le souhaitez, entreprendre une réflexion sur les préarrangements funéraires.
L’exercice n’a pas à être parfait pour être utile. Un dossier incomplet, mais accessible et mis à jour, vaut généralement beaucoup mieux qu’une planification idéale constamment reportée à plus tard.
Foire aux questions
À quel âge devrait-on commencer à préparer son décès?
Il n’existe pas d’âge précis. Dès qu’une personne possède des biens, a des enfants, partage sa vie avec un conjoint ou souhaite faire respecter certaines volontés, il est pertinent de préparer au moins un testament et un dossier d’informations essentielles.
Doit-on inscrire ses volontés funéraires dans son testament?
Il est possible de le faire, mais le testament ne devrait pas être le seul endroit où elles sont consignées. Comme il peut être consulté après les funérailles, il est préférable d’informer directement ses proches et de conserver une copie des volontés dans un endroit facilement accessible.
Quelle est la différence entre un testament et des préarrangements funéraires?
Le testament organise principalement la succession et la transmission des biens. Les préarrangements constituent des contrats conclus avec une entreprise funéraire pour prévoir certains biens et services qui seront fournis lors du décès.
Un testament écrit à la main est-il valide au Québec?
Un testament olographe peut être valide s’il est entièrement écrit et signé de la main du testateur. Après le décès, il devra toutefois être vérifié par un notaire ou par le tribunal avant d’être utilisé pour régler la succession.
Mon conjoint de fait héritera-t-il automatiquement de mes biens?
Ce n’est généralement pas le cas en l’absence de testament. Les règles peuvent varier selon le statut juridique du couple et sa situation familiale. Il est prudent de consulter un notaire afin de prévoir une protection adaptée.
Où devrait-on conserver les documents importants?
Ils devraient être conservés dans un endroit sécurisé, protégé contre le feu, le vol et les accès non autorisés. Au moins une personne de confiance doit cependant savoir où ils se trouvent et comment y accéder au moment nécessaire.
Est-il sécuritaire de laisser tous ses mots de passe à sa famille?
Il est préférable d’éviter de conserver tous ses mots de passe en clair sur une feuille. Un gestionnaire de mots de passe sécurisé, accompagné d’une procédure d’accès d’urgence, représente généralement une solution plus prudente.
À quelle fréquence faut-il réviser son dossier?
Une vérification rapide chaque année est recommandée. Le testament, les volontés et les coordonnées importantes devraient également être revus après un mariage, une séparation, une naissance, un décès dans la famille, un déménagement, l’achat d’une propriété ou un changement financier majeur.
Les préarrangements funéraires sont-ils obligatoires?
Non. Ils sont entièrement facultatifs. Certaines personnes les choisissent pour faire connaître leurs décisions et réduire le nombre de choix que leurs proches devront effectuer. D’autres préfèrent seulement mettre leurs volontés par écrit et prévoir les ressources financières nécessaires.
Qui devrait recevoir une copie de mon dossier?
Il n’est pas nécessaire de distribuer toutes vos informations personnelles à plusieurs personnes. Une ou deux personnes de confiance devraient toutefois savoir que le dossier existe, connaître son emplacement et pouvoir identifier les professionnels à contacter.
Préparer son départ, sans cesser de vivre pleinement
Préparer son décès ne consiste pas à vivre dans l’attente de la fin. Il s’agit plutôt de reconnaître qu’un jour, des personnes que l’on aime devront prendre le relais. Elles devront comprendre nos affaires, respecter nos décisions, régler certaines obligations et transformer une vie entière en une succession de démarches administratives.
Nous ne pouvons pas leur éviter la peine. Nous pouvons toutefois leur éviter une partie du doute, des recherches et des décisions prises dans l’urgence. Un testament à jour, des volontés clairement exprimées, des documents bien classés et une liste de renseignements pratiques peuvent faire une différence considérable.
Il n’est pas nécessaire de tout accomplir aujourd’hui. Commencez par une conversation, un dossier et quelques informations essentielles. Cette préparation évoluera ensuite avec vous, au fil des années, des relations et des changements de votre vie.
Vous souhaitez discuter de vos volontés ou mieux comprendre les préarrangements funéraires?
L’équipe de Charles E. Rajotte peut vous accompagner avec discrétion, clarté et respect. Une première conversation n’engage à rien; elle permet simplement de connaître les options qui s’offrent à vous et de poser les questions importantes, à votre rythme.
Sources et ressources fiables
Les informations présentées dans cet article sont de nature générale et ne remplacent pas les conseils personnalisés d’un notaire, d’un avocat, d’un fiscaliste ou d’un autre professionnel qualifié.
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